Sentir le danger imminent ; frôler la catastrophe.
Cette expression vient du jargon de l'artillerie dans lequel « le vent du boulet » désigne un problème de fabrication d'un canon pouvant entraîner l'éclatement de son tube.
La notion de vent de boulet peut désigner plusieurs choses :
- Des effets physiques, parfois mortels d'une explosion dont les éclats et projections n'ont pas touché la victime. Dans ce cas on parle d'effet de souffle.
- Des troubles mentaux, dont on pensait qu'ils étaient provoqués par les explosions lors des guerres industrielles.
- Dans le jargon technique de l'artillerie, le « vent du boulet » constituait autrefois un sérieux problème. L'imprécision de la fabrication obligeait jusqu'à la fin du 18e siècle à laisser, entre le boulet et le tube de la pièce ; un jeu assez grand, appelé « vent du boulet », qui diminuait la précision du tir[, et usait rapidement le canon. Un vent excessif pouvait entraîner, après un arc-boutement du projectile, si celui-ci n'était pas parfaitement sphérique, l'éclatement du tube. Les canons construits en bronze par coulage sont plus fiables, car moins soumis à l'éclatement, mais deux à trois fois plus chers, difficulté qui disparait en 1772 avec la machine à aléser de John Wilkinson[. La question disparaît avec la généralisation de l'usage de projectiles en ogive.
La langue française a également retenu la locution « sentir le vent du boulet » dans le sens de sentir la proximité immédiate d'un risque mortel.