C'est du moins ce qui pouvait arriver jadis aux créanciers insolvables.

Autrefois, en Italie, la « banca » désignait le banc attribué à chaque négociant sur la place du Change. Lorsqu'il faisait faillite, le négociant abandonnait une partie de ses biens au créancier et son banc était cassé, « banco rotta ».

Celle cérémonie n'avait rien d'infamant et le banqueroutier était laissé libre et réputé « galant homme ».

Dans certaines villes italiennes, le failli avait la possibilité de conserver tous ses biens et de frustrer ainsi ses créanciers, mais à une condition... celle de s'asseoir le derrière nu sur une pierre en présence de tous ses confrères.

Combien de nos faillis modernes hésiteraient à se faire prendre ainsi « les culottes à terre », pour s'en tirer sans payer ?

Le mot « banqueroute » est apparu en France au 15e siècle mais on se servit encore longtemps de « déconfiture » (du verbe « défaire »), que Voltaire considérait comme plus doux à l'oreille...

Notons qu'au 15e siècle, sous Charles 9, les banqueroutiers frauduleux étaient passibles de la peine de mort. Henri 6 confirma cette peine par un édit, mais (comme lui même devait beaucoup d'argent à tout le monde) il ne fut pas appliqué.