Femelle du chat, félin familial à poil soyeux.
Quant au « chas » (homonymie), il s’agit d’un trou mince, de forme aplatie et oblongue qui se trouve à l’extrémité non piquante de l’aiguille.
Une ouverture étroite et allongée dans laquelle il convient d’introduire un fil, non sans devoir faire preuve parfois de patience et de pugnacité. Par surcroît, lorsque le « chas » semble se crisper comme pour se refuser à toute pénétration, il arrive que la couturière éprouve le besoin de mouiller le fil de salive en le portant à se lèvres. II n’en fallait pas davantage pour que ce scénario image transforme le « chas » en chat, puis en sa compagne femelle qui devait ainsi le synonyme du sexe féminin.
Un conseil : ne jamais annoncer benoîtement à la cantonade que vous allez passer le week-end à vous occuper de la chatte de votre voisine ! Personne, pas même un infatué gandin prétendument distingué ne comprendra la douce bienveillance que vous portez à la féline.
De leur côté, certains exégètes ne manquent pas de s’appesantir : sur l’analogie des images, la chatte étant un petit animal domestique au poil doux et soyeux, aux yeux oblongs et aux oreilles en forme de triangle qui ronronne quand on le caresse.
Il existe une multitude d’autres mots charmants pour désigner ce lieu de pèlerinage, ô combien vénéré des hommes : « angora, bonnet à poils, champ, coiffe, éternelle cicatrice, fruit d’amour, hérisson, jardin d’amour, etc. »
Petite anecdote : Quand on a demandé à Sacha Guitry comment on écrivait le mot « chat », il répondit : « cela dépend si on le caresse ou on l’enfile »