« Fesse » vient du latin « findere » (fendre), qui a donné « fissa » (fente), d'où « fesse ».
Depuis l'Antiquité, les fesses ont toujours été entourées d'un respectueux mystère, frisant l'érotisme « distingué », alors que « cul » n'avait depuis le 16e siècle aucune connotation grivoise.
On parlait de « culs d'artichaut » (aujourd'hui pudiquement nommés fonds) et les belles dames de la cour de Louis 14, admirant les énormes nœuds qui ornaient le dos des robes à panier, se complimentaient : « Quel beau cul vous avez, ma chère ! »
Par contre, au 17e siècle, la pruderie verbale n'aurait permis à aucun prix l'usage du mot « fesse ».
Comme quoi, ce n'est pas le mot qui est grossier, mais l'intention.
Dans de nombreuses villes, comme Naples ou Syracuse, des statues antiques grecques ou romaines représentent Vénus équipée d'une paire de fesses aussi suggestives que volumineuses.
Ce sont des déesses callipyges. Ce qui signifie tout simplement « belles fesses », du grec « Kallipugos » (Kalos : beauté, et pugé : fesse).
L'origine de ce qualificatif, que certains estiment flatteur, remonterait au 3e siècle av. J.-C :
Les deux filles d'un paysan des environs de Syracuse prétendaient chacune avoir les plus belles fesses de leur village. Pour trancher cette question, vitale à leurs yeux, elles firent appel à deux passants qui se trouvaient être deux frères.
Ravis de l'aubaine, ils examinèrent soigneusement l'objet de la contestation et charmés par les rotondités ainsi dévoilées... épousèrent les deux sœurs ! Pour remercier la déesse de l'Amour de leur avoir fait rencontrer un « connaisseur », elles lui dédièrent un temple de Syracuse dont l’anatomie explique le « fondement » de leur félicité.