ANNÉES

Du latin « bissextus » (deux fois sixième). Comme on le sait, sont bissextiles les années dont le millésime est divisible par quatre. Comme chaque fois que les peuples font face à des « années bizarres », la crainte règne. C'est ainsi que les années bissextiles ont toujours eu mauvaise presse depuis les temps les plus anciens.

Les Romains les considéraient comme néfastes et, en ancien français, « besistre » signifiait aussi bien « bissextile » que « jour de malheur ».

Dans le Berry, on dit d'un enfant méchant « Oh, le petit bissêtre ».

A Paris, l’hospice du « Kremlin-Bicêtre » accueillait les aliénés et les incurables.

CHIFFRE 4

En Chine, le chiffre 4 est mal considéré car il se prononce « Si », tout comme le mot « mort ».

Ainsi, il n'y a pas de numéro 4 dans les rues, les plaques d'immatriculation et les numéros de téléphone se terminent rarement par un 4 etc… Dans les immeubles, on passe directement du 3e au 5e étage.

CHIFFRE 13

Cette croyance tire son origine de la religion et plus particulièrement de la cène, le dernier repas de Jésus pris avec ses disciples.

Ils étaient 13 à table et l'un d'eux le trahit, Ainsi, la superstition veut que l’on ne soit jamais 13 à table, présage funeste.

De même il n'y a, souvent, pas d'arrêt prévu au treizième étage dans les ascenseurs, ni de treizième rangée dans les avions, non plus que de chambre 13 dans les hôtels ou les hôpitaux dans le monde occidental.

Le chiffre 13, associé au vendredi, est un autre symbole porte-malheur, car Jésus est mort un vendredi.

Mais un autre épisode tristement célèbre rappelle le mauvais sort réservé par le chiffre 13 associé au vendredi : c'est le vendredi 13 octobre 1307 que tous les templiers de France, accusés d'hérésie, furent arrêtés sur ordre du roi Philippe 4, dit le Bel, avant, d'être livrés à la mort.

Il faut aussi savoir, qu’il ne peut y avoir plus de trois « vendredi 13 » dans une même année.

CHAT NOIR

Au Moyen Âge, on attribuait au chat des pouvoirs maléfiques et on l'associait aux sorcières, surtout s'il était noir, couleur qui se fond dans la nuit, couleur de la mort.

Ainsi, voir traverser un chat noir devant soi signifiait : « Le malheur va traverser ta route »

Pendant des siècles, en raison des persécutions organisées par l'Eglise, le chat comme la sorcière furent livrés au bûcher (Henri III avait une telle phobie des chats qu'il en fit exécuter près de 30 000 sous son règne).

La malédiction se poursuivit et, après cette fête de la Saint-Jean de 1573 où, pour « donner plaisir à Sa Majesté » qui avait besoin de distractions (Charles 9), on suspendit un sac rempli de chats vivants à une perche, au-dessus d'un amas de fagots, que l'on livra aux flammes, la « tradition de la Saint-Jean » se perpétua.

C'est Louis 13 qui réhabilita les chats, sans doute sous l'influence du cardinal de Richelieu, qui les adorait.

Louis XV ordonna l'arrêt des bûchers de chats à la Saint-Jean, « tradition barbare et primitive » selon lui.

La légende veut que Napoléon ait vu un chat noir passer devant lui avant la bataille de Waterloo.

SEL (RENVERSER DU)

A Rome, on vénérait l’âme des défunts et la table du repas leur était consacrée : on leur donnait en offrande la première part de chaque mets, et la salière (il faut préciser que le sel était une denrée coûteuse, précieuse et donc quelque peu sacrée) devint de fait leur symbole.

Renverser la salière était un signe envoyé par le défunt, présage de trahison, d'infidélité ou de mépris à l'égard des dieux, d'une mauvaise nouvelle a venir, d'un deuil.

Pour conjurer ces mauvais auspices, on versait un peu de vin sous la table (usage remplacé plus fard par le sel jeté par-dessus l'épaule).

Les Romains, par ailleurs, répandaient du sel sur les champs qu'ils voulaient rendre stériles, d'où l'association du sel avec désolation et ruines.