À grand bruit, avec beaucoup d'insistance
Mais quel est donc ce « cor « qui depuis le 16e siècle s'accompagne de « cris » pour réclamer ?
Bien que la confusion avec « corps » soit fréquente, nul besoin de soumettre un corps à des sévices pour protester. La douleur d'un « cor » au pied peut sans doute faire pousser des « cris », mais l'expression n'est pas liée non plus à des problèmes pédologiques.
C'est de l'instrument à vent qu'il est question. Dans sa version rudimentaire, le « cor » était une corne évidée permettant aux montagnards d'appeler leur troupeau et à Roland de prévenir Charlemagne de l'invasion des Sarrasins.
Mais c'est dans l'art de la vénerie (ou chasse à courre) que les « cris » des chasseurs et de la meute répondent au son du « cor », d'ailleurs toujours appelé « trompe de chasse ».
« A cor et à cri », c'est donc littéralement « avec le cor et les cris des chiens ».
L'expression s'est étendue au droit et « poursuivre un procès à cor et à cri », ce fut le mener avec énergie, faisant aillant de bruit qu'une meute de chiens et des sonneurs lancés à la poursuite d'une bête.
Attirer l'attention, afin que tout le monde entende ce que l'on est en droit de réclamer. A croire que pour avoir gain de cause, il suffit de se faire entendre.