Parfois, l'homme, contemplant la frénésie de son activité, a l'impression d'être pris dans les engrenages qu'il a lui-même fabriqués.
Heureusement, il sait qu'il dispose du cran (du latin « creno » (encoche), pour tout contrôler, tout entraîner, voire tout arrêter.
Ainsi, il peut déplacer la dent d'une crémaillère, bloquer la lame d'un couteau ou la gâchette d'une arme à feu.
C'est précisément ce dernier cran qui anime l'expression « être à cran » car lorsqu'un fusil est armé, seul le cran retient le coup de partir.
La métaphore a retenu à la fois cette violence prête à exploser de l'arme à feu et l'imminence de l'action pour illustrer un état d'irritation extrême, prêt à dégénérer en une forte colère.