De tous temps, les croyances populaires ont attribué au « Malin » des pouvoirs extraordinaires, des facultés surhumaines et notamment une force incroyable.

Ainsi, on pensait que, dans les cas de possession, si le Diable s'emparait d'un corps humain, celui-ci se trouverait empli d'une ardeur et d'une vivacité surnaturelles : c'est ainsi qu'est née l'expression, à partir du 14e siècle.

Celle-ci, employée uniquement dans ce sens de force et énergie extraordinaires, est tout à fait bon enfant et ne sous-entend aucun autre attribut démoniaque.

Si ce n'est, peut-être, lorsqu'on l'attribue à un enfant particulièrement actif (et, dans le langage adulte, hyperactivité et bêtises malicieuses vont souvent de pair !), pour insister sur le côté « chenapan » autant que sur la débauche d'énergie...

Cet aspect débonnaire de l'expression disparaît, en revanche, lorsqu'elle se réfère au roman à scandale de Raymond Radiguet, « Le Diable au corps », qui raconte l'éveil à la sensualité d'un jeune homme, François, et d'une femme mariée, Marthe. En effet, après la parution de ce roman, dans les années 20, l'expression prend une connotation érotique, en apparentant le corps à la chair, et le diable au désir...

C'est ainsi que l'expression peut revêtir plusieurs aspects : admirative, faussement sévère ou clairement désapprobatrice.