Avoir une manie, une idée fixe
Les fous et bouffons des rois de France étaient munis d'un bâton enguirlandé et orné de grelots, appelé « marotte ».
Au fil du temps, le prénom « Marie » a donné de nombreux dérivés. Parmi ceux-ci, on trouve « marionnette » ou « mariolle », mais également au 16e siècle « mariotte » puis « marotte » qui désignait une image de la vierge.
Qui dit image de la vierge peut dire idole, et qui dit idole peut aussi dire figurine. Alors le mot a également désigné une figurine montée au bout d'un bâton (il est d'ailleurs toujours utilisé dans ce sens chez les marionnettistes qui manipulent encore ce genre de marionnette). I
Il a été plus particulièrement utilisé dans les cours royales. En effet, dans ces endroits, et depuis Charles V, au 14e siècle, s'agitait un personnage particulier, généralement d'esprit vif et pouvant lancer des plaisanteries que d'autres ne s'autoriseraient jamais en présence du roi. Ce personnage, le bouffon ou fou du roi, disposait d'un attribut qui était une sorte de sceptre surmonté d'une tête elle-même coiffée d'un bonnet multicolore équipé de grelots, sceptre qui s'appelait une marotte.
C'est de cet ustensile caractéristique qu'au début du 17e siècle, le mot a pris le sens figuré de « folie ». Et ce n'est que quelques années plus tard, qu'en parallèle, il s'est atténué en « manie » ou « idée fixe », sens resté vivace jusqu'à nos jours.
Le mot a autrefois été utilisé dans plusieurs expressions « à chaque fou sa marotte ou bien « il y a tant de fous qu'on ne saurait faire assez de marottes ».