ÊTRE MARRON
Etre attrapé, être fait, être dupé, être refait, être chocolat.
L'adjectif « marron » est emprunté au caraïbe mar(r)on (=sauvage en parlant d'une plante ou d'un animal).
D'abord employé dans les Antilles, vers 1640, cet adjectif désigne un animal domestique qui s'est échappé et qui est retourné à l'état sauvage en s'enfuyant dans la montagne. Puis les colons, vers 1660, ont détourné ce sens premier pour désigner par « marron » un esclave noir qui s'est enfui pour recouvrer sa liberté.
« Etre marron » devrait donc signifier « être en fuite » est-ce par le fait que les esclaves étaient toujours rattrapés et châtiés que cette expression a pris le sens d' « être attrapé », « être fait » ?.
Par similitude au fait que la fuite de ces esclaves était considérée comme un acte répréhensible, le mot "marron" s'est affublé des couleurs de la malhonnêteté et de l'illégalité.