Courtiser une femme.

Jolie fleur, que la fleurette. Elle est surtout fleur de rhétorique puisque « conter fleurette », c'est d'abord faire usage de langage amoureux et galant.

D'où vient cette « fleurette » ?

Son suffixe en fait une « petite fleur », simplement.

On trouve dès le 12e siècle une « florette » de même sens, encore proche du latin « flos, floris », qui devint par métaphore une galanterie, un propos tendre et amoureux, d'autant plus apprécié qu'il s'accompagne d'un beau bouquet.

« Fleur », ainsi que le rappelle Furetière, se dit aussi de ce qui est le plus excellent et le plus à choisir dans chaque chose et la fleur, la « fine fleur », représente ce qu'il y a de meilleur.

Toujours au 12e siècle, la fleur est une farine très fine, el ce sens est passé en anglais où « flour » se traduit par « farine ».

Depuis, modes et publicités ont rivalisé d'ingéniosité pour nous vendre ces quintessences en pots et en flacons. Tandis que la « fleur de sel » vient assaisonner nos plats avec finesse, la « crème fleurette » est la partie la plus fluide de la crème du lait.

S'il sait que son élue est donc fleur parmi les fleurs, que celui qui conte fleurette ne songe pas trop vite à aller « fleureter ! » Certes, ce mot est devenu au 19e siècle synonyme de notre « conter fleurette, » par l'influence de l'anglais « flirt » (et non l'inverse, comme on le croit souvent). Il signifiait pourtant au 16e siècle « aller de fleur en fleur », comme le bourdon qui butine. Ou comme le diseur de fleurette qui papillonne...

Toutefois, ce rapport établi entre galanterie et fleurette n’est pas si innocent qu’il y paraît, la fleur suggérant la virginité (« perdre sa fleur, se faire ravir sa fleur »), ce qui n’a pas échappé à Boudard, qui a proposé de la locution une nouvelle version : « conter braguette » !