Obtenir des succès, de la réputation.
Une rapide recherche sur Internet nous apprend que, de nos jours, le développement durable, les contrats précaires, les cafés littéraires, les cybermarchands « font florès ».
Faire « florès » se dit d'une personne et plus encore d'un objet, d'une invention, d'un genre, d'une expression, qui connaît une réussite brillante et suscite de l'engouement.
L'expression évoque la floraison, symbole de l'épanouissement dans plusieurs expressions, des « jeunes filles en fleurs « de Proust au teint « fleuri » des paysannes et surtout à la « fleur de l'âge », cet âge auquel on atteint une pleine maturité avant de commencer à « se faner ». Au-delà de la plénitude des corps, la floraison est souvent associée à la prospérité, qu'il s'agisse d'évoquer une économie ou un commerce « florissant », ou de faire de « Que cent fleurs s'épanouissent » le slogan trompeur de la Révolution culturelle maoïste.
« Faire florès » est selon toute vraisemblance apparentée au latin « flos, floris », (la fleur) : il pourrait être issu de son dérivé « floridus », (fleuri), peut-être via le provençal « faire flori », (être dans un état de prospérité).
L'expression apparaît au 17e siècle, dans un sens éphémère et moqueur que rapporte Furetière : « faire de la dépense qui éclate, qui donne l'avantage sur les autres de même condition ». Du flambeur on est passé au succès mondain. Il ne s'agit pas de « jeter de la poudre aux yeux » pour l'emporter mais plutôt de « se répandre comme une traînée de poudre », par l'effet non de la force de la nature qui fait éclater les bourgeons, mais de celle du bouche-à-oreille et de l'imitation, qui, elle, ne connaît pas de saison.