Ne pas être au goût du jour, peu en accord avec la mode.

Dire de quelqu'un qu'il est « vieux jeu », c'est une manière polie de le traiter de ringard. Les anciennes générations sont parfois dépassées par les jeux de leurs descendants et par les mots qui en parlent : les consoles, les jeux en ligne et les applis ludiques des téléphones dernière génération, ont depuis longtemps renvoyé le jeu de l'oie et les petits chevaux au rayon des antiquités. Mais ce n'est pas de ces jeux là qu'il est question.

Le mot « jeu » a de nombreuses acceptions.

En tant qu'activité réglée, il s'emploie dans le domaine du théâtre, désignant la manière dont un comédien interprète un rôle, le jouant bien ou mal. On appelle jeu de scène l'ensemble d'attitudes qui concourent à un effet scénique. Ce jeu, comme toute technique, évolue. Il peut donc être nouveau ou vieux.

La formule, d'abord apparue sous la forme « c'est vieux jeu », a dû s'appliquer à la manière de jouer des vieux comédiens, à base de plaisanteries éculées, ou bien à la manière ancienne, celle qui ne fait plus rire, qui semble désuète et ridicule.

Du jeu à l'ancienne mode, l'expression, hors de tout spectacle, s'est appliquée aux habitudes de vie ou de pensée surannées ou aux manières datant d'une époque révolue.

Le « vieux jeu » est donc passé de mode. Mais comme la mode, nous affirme Jean Cocteau, peut se définir comme ce qui se démode, on est toujours le vieux ringard d'un plus jeune, qui le deviendra. Et on n'ose pas parler de jeune jeu, sans doute pour éviter l'allitération.