« Faire la bête a deux dos », ou encore « jouer à la bête à deux dos ».

Bête vient du latin « bestio » et désigne a priori tout être vivant à l'exception de l'homme.

S'agit-il donc de ce grand mammifère ongulé à pelage laineux, appelé plus communément chameau ?

Non, puisque l'expression dit qu'il faut « faire » la bête à deux dos. Or le chameau, en toutes circonstances, a toujours ses deux bosses dorsales.

Ici, cette bête est deux fois humaine, puisqu'elle évoque un homme et une femme s'accouplant.

Locution rabelaisienne, dit Pierre Larousse, qu'il est difficile de traduire honnêtement.

Tout de même, essayons, ou faut-il un dessin ?

Deux humains qui s’accouplent formant une bête unique !

C'est étrange, l’expression insiste sur le caractère animal du coït, quand le coït ainsi décrit, face contre face, ne laisse pas d’être assez spécifiquement humain. Il vaut pour un grand nombre de positions, du classique missionnaire au plus raffiné....

L'expression sert à Jules Renard pour fustiger la pudibonderie ambiante :

« Franchement, je ne vois pas quelle lecture peuvent s’interdire des femmes mariées qui font, ou ont le droit de faire la bête à deux dos toutes les nuits ».

Horace Vernet a le génie de représenter Mazeppa le dos couché sur le dos du cheval. On a donc, sous les yeux, une bête à deux ventres.