Donner des indications, aider à trouver
C’est la pierre de Rosette qui mit Champollion sur « la voie » de l'interprétation des hiéroglyphes.
Le policier cherche l'indice, le médecin le symptôme qui le mettra sur la voie, qui l'aidera à trouver la solution. On peut penser qu'il s'agit du cheminement de la pensée qui conduit à la lumière. Cette fausse piste vous égarera, vous fourvoiera...
La « voie » dont il est ici question appartient au vocabulaire de la chasse à courre et désigne depuis le 13e siècle les signes, trace odorante ou empreintes, qui témoignent du passage d'un animal et renseignent la meute lancée à sa poursuite.
Comme le rappelle Furetière dans son Dictionnaire : En termes de chasse on appelle « voies », l'endroit par où le gibier a passé, quand on le suit à la piste, ou par l'odeur ou l'impression qu'il a laissée dans l'air. On a remis les chiens sur les « voies ». La « voie » se dit particulièrement du cerf.
Dans la chasse « à cor et à cri », on appelle « attaque » le moment où les chiens sont mis sur la voie de l'animal Lorsqu'ils perdent cette voie, ils sont « mis en défaut ». Les chasseurs recommandent la « curée chaude », sur les lieux de la mort, ordonnée par le commandant au cri de « hallali » : une partie de la bête est laissée aux jeunes chiens pour leur apprendre à goûter la « voie » de l'animal.
Cette « voie », ce chemin à suivre, peut se perdre, si les chiens sont « à bout de voie ». On peut de même s'écarter du droit chemin lorsque la raison s'égare.
Le substantif latin « via » qui a donné voie, est à l'origine de plusieurs verbes exprimant cet écart à la norme. On peut « dévier, se fourvoyer » ou dévoyer », l'essentiel est de finir par trouver sa voie !