Couvrir quelqu’un de louanges.

« Pinacle » vient du latin chrétien « pinnaculum », de même origine que « pignon ». Le « pinacle », c'est l'élément d'architecture situé au faîte d'un ouvrage, la partie la plus élevée d’un édifice. Ce fut en particulier le point le plus haut du Temple de Jérusalem.

Dans un édifice gothique, c'est le couronnement de contreforts pointu et souvent ouvragé. La hauteur a toujours symbolisé les honneurs : « être porté aux nues », c'est aussi être admiré. Et ne dit-on pas de quelqu'un à l'apogée de sa carrière ou de son succès qu'il est au « faîte » de sa gloire ?

Un sens plus ancien a probablement influencé l'expression, lorsque « pinacle » désignait aussi le sommet d'une montagne. Or, les cimes sont certainement les hauteurs les plus à même de représenter la gloire, notamment par référence aux récits bibliques. Ainsi, Moïse reçoit les commandements en haut du mont Sinaï et, après le Déluge, Noé et son arche échouent sur le sommet du mont Ararat. Ce sont des lieux où Dieu se manifeste aux prophètes. Les sommets rapprochent des cieux et du divin.

Au figuré, on a d'abord dit que l'on « mettait quelqu'un sur le pinacle » puis on va le « porter au pinacle », formule restée usuelle même si l'on n'en connaît plus l'origine. D'ailleurs, qui tutoie les sommets court le risque de tomber de haut.