Signaler à l’indignation, au mépris publics.

Cette expression un peu vieillie connaît encore une certaine fortune.

Le verbe « clouer » suppose une forme de violence, des coups, une immobilisation forcée. Tel le Christ en croix, celui qui cloué, est livré sans défense à la foule qui le conspue.

Le « pilori » lui, fut un dispositif de bois destiné à immobiliser le condamné en lui enserrant la tête et les poignets. Ce supplice consistait à attacher, pour quelques heures el parfois plusieurs jours de suite, le malheureux, ainsi exposé au mépris et à la vindicte de la foule, qu'on exhortait à n'épargner ni injures ni crachats. C'était tout simplement un « pilier », pila en latin, d'où au Moyen Âge « pilorium ».

Mais comme, heureusement, le pilori a rejoint la roue et la guillotine dans le musée des horreurs du droit pénal, on ignore sur quoi on est cloué.

Le pilori faisait partie des peines dites « afflictives et infamantes » telles que la mutilation ou la flétrissure, des noms qui désignent une action. D'autres noms vont de l'instrument au supplice, comme « gibet ou carcan ».

Situé sur l’échelle des châtiments de justice entre les peines légères et les peines capitales, ce type de peine prive le coupable de la considération, de la confiance de sa patrie et de toute sorte de fraternité dont la société est le lien.

La punition était physique, par l'inconfort et la douleur de la posture, mais aussi symbolique, par l'humiliation causée par I exposition à la haine du public.

Avant d'être abolie à la Révolution, la peine du « pilori » a connu des raffinements permettant de tourner le supplicié pour l'offrir plus largement aux huées et aux quolibets de la populace. C'est à cet appareil qu’est pilorié en place de Grève le pauvre Quasimodo, dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.