Vieille histoire !

L’origine de l’expression remonte au règne de l’empereur Tibère.

En ce temps-là, le peuple romain adore ses dieux. Les mêmes que ceux des Grecs, sauf qu’ils portent des noms différents.

De surcroît, avec le brassage de peuplades inhérents à l’expansion de l’empire romain, de nouvelles religions s’immiscent aux côtés des rituels dominants et des pratiques superstitieuses ou divinatoires officielles.

Et ces nouvelles pratiques religieuses sont tolérées… à condition que leurs fidèles respectent le culte romain.

Cette situation se retrouve en Judée, région dont Ponce Pilate et procurateur (c’est-à-dire gouverneur ou préfet) entre les années 26 et 36 de notre ère.

Car si les Romains occupent la Palestine depuis un siècle, il laisse cependant les juifs pratiquer leur religion, tout en exerçant une scrupuleuse vigilance et sans manquer de peser de tout leur poids sur les décisions politiques.

Vers l’année 29/30, Ponce Pilate doit juger une affaire exceptionnelle et délicate : le procès de Jésus-Christ.

Trahi par Judas, arrêté puis mené devant le grand prêtre qui le questionne sur l’enseignement qu’il dispense, Jésus se retrouve finalement devant Ponce Pilate.

À l’issue d’un nouvel interrogatoire le gouverneur de Judée ne voit aucune raison objective de condamner le prophète. En revanche, les chefs religieux exigent la mort de celui qui se prétend le fils de Dieu (notion scandaleuse pour la communauté juive).

Nous sommes à la veille de la Pâques juive. La tradition veut qu’on relâche un prisonnier à l’occasion de cette fête pascale.

Le gouverneur romain présente alors Jésus à la foule :

« Voici l’homme » (ecce homo).

Il propose de le gracier. Mais le public refuse, préférant qui libère Barabbas, un authentique assassin.

Ponce Pilate leur livre alors Jésus qui sera crucifié sur le mont Golgotha.

Seul l’un des quatre évangélistes (Mathieu) précise que Ponce Pilate demande aussitôt de l’eau pour se laver soigneusement les mains. Devant une foule déchaînée, il dit alors : « je suis innocent du sens de ce juste ! C’est votre affaire. »

Cette scène donnera naissance à une tournure quelque peu ambiguë : « s’en laver les mains ».

En effet elle illustre la situation complexe d’un individu qui prend une décision sans assumer la responsabilité des conséquences de son geste.

Aujourd’hui la locution possède toujours cette connotation liée aux possibles effets négatifs d’un projet. Mais elle a aussi un sens beaucoup plus large puisqu’elle permet parfois d’évoquer un événement dont on se désintéresse totalement.