Qui croirait qu’un cadeau fut d’abord… une lettre ?
À la fin du Moyen Âge, les copistes ornaient certaines majuscules de rubans entrelacés et de jolies boucles. On appelait cette grande lettre décorée un « cadel », du provençal « capdel », tiré du latin « caput », la tête. Normal : c’est elle qui ouvre la marche.
Le mot a ensuite glissé vers l’idée d’enjolivure, de chose charmante mais pas vraiment utile. Puis il a désigné une fête, un repas que l’on offrait surtout aux dames pour leur faire plaisir.
Il ne restait qu’un petit pas à franchir : le divertissement offert est devenu le présent.
Au fond, un cadeau reste un joli superflu, soigneusement tourné… comme une belle lettre au début d’une histoire.
Source : La langue française