« Moult me tarde ! » était la devise de l'impatient « Philippe le Hardi », duc de Bourgogne. Ses cuisiniers qui s'en amusaient baptisèrent ainsi une sauce très relevée, faite à base d'une plante que les Chinois et les Egyptiens cultivaient déjà depuis belle lurette.
Rembrandt aimait la moutarde, plus peut-être que ses pinceaux. Un jour qu'il dînait à la campagne chez l'un de ses amis :
« Pas de moutarde sur la table ! Vite ! Qu'on aille quérir la moutarde au village voisin. »
- Mais, riposta son hôte, avant que mon valet soit revenu, nous aurons eu le temps de déjeuner au moins deux, fois !
- Que m'importe! Qu'il aille au diable, mais qu'il me rapporte un moutardier plein. J'attendrai !»
Et Rembrandt, aussitôt, prit une de ces planches vernies qui ne le quittaient jamais et se mit à l'œuvre pour peindre le paysage qu'il apercevait des fenêtres même de la salle à manger !
Lorsque le valet revint, le tableau était complètement terminé. C'est le fameux « Paysage à la moutarde ».