Avoir beaucoup de travail, de tâches à accomplir.
Avant le début du 20e siècle, cette expression voulait dire tout autre chose, puisqu'elle signifiait « avoir des ressources pour l'avenir, être assuré de ne manquer de rien ».
L'image s'explique à l'époque où le pain pouvait être conservé longtemps avant d'être mangé et où avoir de nombreuses miches posées sur leurs planches de stockage, c'était avoir de quoi tenir un moment.
Vers 1888 cette locution a pris le sens argotique d' « avoir une collection de punitions ». « La planche au pain »" étant le tribunal. Le tribunal, appelé ainsi à cause de sa position élevée.
La fin de ce pain « de longue durée » remplacé progressivement par le pain que nous achetons chaque jour à la boulangerie y a probablement aidé.
On peut alors imaginer les pains crus que le boulanger pose d'abord sur une planche après les avoir façonnés, avant de les mettre au four. S'il est au début de son travail de cuisson, cet homme a « du pain sur la planche » avant de terminer son labeur.
L'autre explication vient de Claude Duneton :
Elle remonterait d'abord à une expression argotique utilisée par les voyous, « la planche au pain », qui désignait le tribunal (par allusion à sa position élevée comme les planches où le pain était conservé).
En plus, à cette époque de royauté, « manger le pain du roi » cela voulait dire être en prison, aux galères ou à l'armée, le pain étant fourni gratuitement par l'État, donc le roi.
La combinaison de ces deux expressions a fait que les voyous ont assimilé les années de galère ou de bagne gentiment distribuées par le tribunal (des sortes de rations) à autant de « pains sur la planche », ces derniers prenant alors le sens de « corvées », là où auparavant ils avaient le sens de « ressources ».
Ainsi, par la condamnation de « la planche à pain » (le tribunal) le prisonnier mangeait la nourriture de l'Etat. Cette notion de punition et de corvée à accomplir pour expier ses fautes est ensuite sortie du contexte de la pègre et de l'armée pour se répandre largement dans la population au moment de la guerre 1914-1918.