Le mariage, dans cette expression grossiere, de deux mots de sexe différent fait une étrange alliance.

« Con » est un mot masculin, quand « bite » est féminin.

De toute façon, ils sont faits l’un pour l'autre, destinés à se rencontrer, jusque dans la comparaison.

A mettre dans le même panier, hôpital se moquant de la charité.

Après tout, cette expression pallie le défaut de la langue que Brassens dénonça :

« La male peste soit de cette homonymie !

C’est injuste, madame, et c'est désobligeant

Que ce morceau de roi de votre anatomie

Porte le même nom qu’une foule de gens. »

On peut imaginer « con comme une bite » d’origine féministe et bénéficiant de la légitime défense.

« Con », ici, est l’injure passe-partout, qu’on commence à rencontrer au 19e siècle (« conart » pourtant, dès le 12e). Mérimée prétend que Stendhal en fut l’inventeur.

Avant, le « con » (12e siècle), c’est le « connin » (du latin « cunnus » -sexe féminin-), à ne pas confondre, malgré la tentation, avec l’autre « connin ou connil » (du latin « cuniculus » -le lapin-), qu’on verrait bien, pourtant, concurrencer la chatte.

Les poètes du 16e siècle n’ont pas manqué de jouer sur l'ambiguïté, « Con » est souvent orthographié « c.. » ou « ... ».

« Bite » est plus récent, daté de la fin du 16e siècle par Jacques Cellard et certainement pas d’origine argotique par ressemblance avec une bitte d’amarrage, puisque la forme suggestive des bittes que nous connaissons aujourd’hui dans les ports ne date que du 19e siècle. Mais, comme la « bitte », dès le 14e siècle, était, sur un bateau, une poutre dressée autour de laquelle on enroulait les cordages, les marins ont peut-être tout de même quelques responsabilités dans cette affaire.

Quand « con » déjà régnait, c’est « vit » qui lui était accolé.

Avec foutre, le verbe dont Malherbe dit :

« Dieu n’a pas dit, Foutez

Mais, grossiers que nous sommes !

Multiplier le monde en langage de Dieu,

Qu’est-ce, si ce n’est foutre en langage des hommes ?