De bonne / mauvaise qualité. Qui mérite / ne mérite pas l'estime.

Voilà une expression qui nous vient de loin dans le passé puisqu'elle date du 13e siècle. Il ne nous en reste d'ailleurs presque plus que la version avec « de bon », « de mauvais » étant tombé en désuétude.

Mais quel lien peut-il y avoir entre l'aloi (pas celle que fait respecter la maréchaussée !) et la qualité ?

Eh bien il est très simple à comprendre, pour peu qu'on sache qu'à cette lointaine époque il existait le verbe « aloier » qui était une forme ancienne du verbe « allier ». Le mot « aloi », issu de « aloier », désignait donc un alliage de métal précieux.

Et qui dit alliage, dit truandage possible !

En effet, pour prendre un simple exemple ancien mais réel, lorsqu'un roi voulait frapper des quantités de pièces de monnaie tout en n'y mettant pas une fortune en métaux précieux, il lui était facile de fausser les proportions et ainsi, de mettre en circulation des pièces de « mauvais aloi » (ou mauvais alliage) ne respectant pas la teneur d'argent ou d'or normalement prévue.

Et comme ces pièces étaient de qualité moindre, l'aloi et la qualité sont des mots vite devenus synonymes dans certains usages.

Le deuxième sens proposé est une extension du premier ; par exemple, on apprécie ou on estime un spectacle de bonne qualité.