Lorsque quelqu'un agace au point de « mettre les nerfs pelote », on peut avoir envie de l' « envoyer aux pelotes ».
En d'autres termes, au diable, ou bien d'aller se faire voir chez les Grecs - ce que font d'ailleurs des millions de touristes avec bonheur. Mais on ne parle pas d'aller chez les Basques, qui aiment bien jouer à la pelote.
Cette pelote est sphérique. Le mot a d'ailleurs pour origine le latin « pila » (balle). En français, le sens de « boule avec laquelle on joue », notamment à la paume, a été évincé par les mots « balle et ballon », sauf dans pelote basque. La laine qui se présentait naguère en échevaux, est aujourd'hui proposée en pelotes, et avoir les « nerfs en pelote » est bien proche de « se mettre en boule ».
Cependant, quand on envoie « quelqu'un aux pelotes », ce n'est pas pour jouer à la balle, ni pour tricoter. Souvenons nous que peloton, qui désigne une petite pelote de fil, un amas en forme de boule se dit au figuré d'un groupe de personnes. Ce sens a prospéré en sport, à propos de chevaux de courses et des cyclistes, alors que dans l'armée, le peloton est un groupe de soldats.
Et comme l'armée ne badine pas, les soldats indisciplinés étaient envoyés au peloton de discipline, bientôt abrégé en pelote. En argot militaire, faire la pelote et aller à la pelote signifiaient « purger sa punition ».
De là vient l'expression « envoyer aux pelotes ». Cela n'a rien à voir avec les pelotes de laine, les punitions consistant plus souvent, à éplucher les pommes de terre ou à faire des pompes que du tricot. Alain Rey