L'expression signifie partager un repas dans une ambiance romantique, éclairée uniquement par la lueur des bougies. Elle évoque une atmosphère intime et chaleureuse, souvent associée aux rendez-vous amoureux ou aux occasions spéciales.

Un peu de snobisme dans cet engouement pour les dîners aux chandelles.

Non certes que ce ne soit amusant ou élégant, ou les deux ensemble.

Non certes que la lueur tremblante et chaude ne dore quasi sensuellement les épaules nues d’une femme en robe de soirée.

Non certes enfin qu’un repas aux chandelles ne crée une ambiance de fête. Mais encore faut-il que tout y contribue : le linge et la vaisselle, les cristaux et les fleurs, l’argenterie et le service. Et la cuisine aussi, bien entendu.

Quelqu’un, un jour, eut l’idée de ficher des bougies colorées dans des bouteilles et de les laisser pleurer leurs larmes épaisses en rubans de couleur au long du goulot puis de la panse. Et quelqu’un, en veine ce soir-là de facilité, eut l’idée de trouver cela « amusant ».

Du coup les bouteilles-bougeoirs ont prospéré, ici et là. Et les repas aux chandelles se sont multipliés, mêlant la vaisselle épaisse et les verres grossiers, les nappes à carreaux et la cuisine de série à des cadres que la pénombre n’arrivait pas à embellir.

Eh bien ! Malgré cela on s’y retrouve, on s’y entasse. Il est de bon ton d’aller dîner aux chandelles. Quel que soit le dîner, où que soient les chandelles.

Qui dit repas aux chandelles au demeurant pense repas en musique. Mais il y a musique et musique, et Curnonsky sagement disait qu’elle ne devait pas faire plus de bruit qu’un frelon derrière une vitre.

Chez Lasserre, au cours des dîners de ce Club de la Casserole qu’il a fondé et qui sont chacun un moment de l’élégance de Paris. Oui, dans ce cadre discrètement harmonisé, sous le plafond ouvrant, les cristaux étincèlent aux flammes courtes des chandelles et rendent les femmes plus belles encore.