Être en mauvais état
Cette expression fait partie de celles que l'on prononce régulièrement sans se rendre compte qu'elle est assez étrange. En effet, nous pouvons être mal, mais que vient donc faire ici ce point, au point de nous troubler ?
Pour le savoir, il faut se pencher sur une des acceptions de ce mot qui désigne ici un « état » pour une chose susceptible de changer ou un « degré ».
Si vous vous demandez pourquoi, n'oubliez pas que, sur une carte ou une courbe, le point matérialise une position. Or, un « degré » ou un « état », marque également une « position », mais cette fois dans la plage des valeurs ou états possibles.
Ainsi, votre steak « à point » est à un certain degré de cuisson et, lorsque vous ne progressez pas, vous en restez « au même point » dans l'échelle de votre progression potentielle.
Au 12e siècle, on avait déjà l'expression « em boen poent »(en bon point –état-) et qui a donné « embonpoint », peut-être parce que, jusqu'à un certain point, l'embonpoint est un signe de bonne santé).
C'est au 15e siècle qu'apparaissent les formes à la syntaxe bizarre « bien en point », qui a disparu de notre vocabulaire, et notre « mal en point », toujours très vivace.
PRENDRE SON MAL EN PATIENCE
Tenir bon, supporter les difficultés, supporter une souffrance avec résignation, souffrir patiemment, encaisser
Cette expression est en réalité l'association de deux situations : le mal, et la patience, qui est la vertu qui permet de supporter les incommodités.
Quiconque prend son mal en patience fait donc preuve de résignation sans peine.
Peut-être, vaudrait-il mieux prendre « son bien en urgence ».