On l’appelle parfois « a commercial », ou « arobase » ou « arabesque » et même « at », prononcé à l’anglaise. Certains emploient le mot « escargot », qui n’est pas mal ou l’expression « a crolle ».
Ce cher « @ » n'est pas du tout un abominable symbole tout droit sorti du cerveau technocrate d'un Yankee.
Ce « a » en colimaçon existait déjà au Moyen-âge.
Les moines copistes l'utilisaient dans leurs livres de comptes. Puis, l’« @ » traversa discrètement les siècles jusqu'en 1972, date à laquelle Ray Tomlinson, l'inventeur du courrier électronique, redécouvrit ce signe et l’utilisa pour envoyer le premier mail de l'histoire.
Plusieurs explications :
Première explication :
Il semblerait que cette « crolle » vienne d’une déformation de la ligature latine « ad » avec le haut du « d » qui entoure complètement le « a ». La faute aux moines qui avaient trouvé ce raccourci pour copier plus vite leurs manuscrits. En fait « @ » est une abréviation latine. Mais oui ! Elle est employée dès le 17e siècle, et même avant, dans le latin dit de « chancellerie » et cela, dans toute l'Europe. Elle correspond à la préposition latine « ad » = « a » avec une idée de direction. Elle signifie en Français « a » ou en Anglais « at » et remplaçait la préposition comme le « & » remplacé par « et ». Elle constituait assez souvent la première ligne d'adresse de documents diplomatiques.
Deuxième explication :
Son appellation est on ne peut plus... française ! Fi des arrobas, « art au bas », « haro bath » et autres « arrobaneries ». Ce sont des imprimeurs bien de chez nous qui ont tout simplement désigné ce caractère par ses éléments descriptifs évidents : « a rond bas » (bas de casse). Explication : « bas de casse » signifie en imprimerie la minuscule.
Troisième explication :
Deux appellations semblent l’emporter aujourd’hui : « arrobe » avec 2 « r » qui est recommandé par l'Organisation internationale de normalisation, et « arobase » à l’orthographe floue. Quoi qu’il en soit, ces deux mots viennent d’une mesure de poids espagnole, l’« arroba ». L’arroba valait 25 livres, et ce mot venait lui-même de l’arabe « arroub » qui signifie « le quart ». Le quart de quoi ? Mais d’un « quintal », pardi ! de l’arabe : « qintâr » (quintal) veut dire « poids de 100 »