Du latin « ficatum » (foie d'oie engraissée avec des figues).

Comment cet organe s'est-il assorti d'oies et de figues ?

En fait, c'est en Grèce qu'on trouve l'origine de ce mot. À l'époque impériale, durant les trois premiers siècles de notre ère, les Grecs avaient coutume d'engraisser les oies en leur faisant manger des figues, ce qui rendait succulent le foie de l'animal. Ce plat si délicat s'appelait « hepar sykôtón », de « sycôn » (figue).

En latin, « ficatum », de « ficus » (figue), puis, par extension, le vénitien transposa « figa ».

Le commerce avec la Grèce, les transformations phonétiques et l'adaptation au latin ont fait de ce vocable « ficatum», « ficato», pour devenir « foie » en français...

Pourrait-on en déduire, sans passer pour une oie, que la consommation de figues pourrait être un atout santé ?

Curieusement, le foie, que connaissent bien les gens « qui se font de la bile », est précisément le siège de la mélancolie (terme signifiant, avoir la bile noire).

Les Hébreux le considéraient comme le siège de l'amour !

Un poète arménien écrivit d'un amant délaissé qu'il « se retira le foie brisé ».

Le foie et la rate sont d'aimables voisins. On connaît le rôle de la rate ou de son absence dans la course à pied (courir comme un dératé) et dans le rire (se dilater la rate).

Peut-être parce que, des deux compères, l'un produit l'amour et la mélancolie, alors que l'autre provoque le rire et la bonne humeur...

Le docteur Philippe Brenot, psychiatre, cite cette image synthétique : « On rit par la rate, on se courrouce par le fiel, on aime par le foie...»

Cumonsky raconte qu'à Ruffec, en Charente, selon une légende locale, un jeune bourgeois du 18e siècle, désespéré par la trahison de sa maitresse, résolut de mettre fin a ses jours, désormais sans joie. Après avoir hésité entre plusieurs modes de suicide, il choisit... le pâté de foie gras à doses massives.

Il s'enferma chez lui et, durant toute une semaine, on n'entendit plus parler de lui. Mais, au bout de huit jours, on le revit frais, joyeux et pimpant. La santé brillait sur son visage ; un sourire habitait ses lèvres vermeilles. Un léger embonpoint avait remplacé sa maigreur.

Le pâté de foie gras lui avait rendu mieux que la vie : le goût de la vie ! Et il avait perdu jusqu' au souvenir de ses chagrins d'amour et de son infidèle amie.

Il arriva tout naturellement que la dame, le revoyant en si bon point, se reprit de passion pour lui. Mais il ne daigna pas s'en apercevoir...